"Les gardiens de l'Europe"

Les arrivées en Crète depuis l’est de la Libye ont quadruplé en 2025, poussant les Européens à se rapprocher des autorités de Benghazi pour contrôler les frontières, après un accord avec leurs rivales de Tripoli en 2017. Arraisonnés au large, les migrants et réfugiés sont systématiquement emprisonnés.

 « Nous ne pouvons pas laisser les migrants partir en mer car nous avons des engagements auprès de l’Europe et des pays frontaliers de la Libye », explique le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale – un organe présent des deux côtés de la Libye divisée –, avant d’ajouter, comme si cela n’était pas assez clair : « Nous sommes les gardiens de l’Europe. »

Voilà bientôt dix ans que Bruxelles a délégué à la Libye la gestion de ses frontières par un pacte, signé avec le gouvernement de Tripoli en 2017, assorti de plus de 700 millions d’euros d’aide. Au cours de l’année 2025, les arrivées en Crète en provenance de l’Orient libyen, longtemps restées marginales, ont quadruplé pour atteindre 19 798 personnes, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, poussant l’Union européenne à multiplier les rencontres avec les autorités dissidentes de Benghazi pour tenter de les convaincre de mieux contrôler leur littoral.

Entre 350 000 et un million de Soudanais sont arrivés en Libye depuis le début de la guerre, en avril 2023. A Koufra, dans le sud du pays, les réfugiés atterrissent dans des camps insalubres. L’absence de perspectives pousse certains d’entre eux à retourner au Soudan, malgré l’horreur des combats.

Reportage avec Nissim Gasteli pour Le Monde, auprès de migrants et de réfugiés soudanais pris au piège en Libye.

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