VOYAGE DANS MON VILLAGE AU TEMPS DU COVID-19
Voyage dans mon village au temps du Covid-19
"C’est incroyable comme les choses paraissent folles dès que l’on se met à les regarder" Richard Powers, l’arbre Monde
La Roque d'Anthéron est situé à une heure de Marseille, dans les Bouches du Rhône. Mes enfants, Lou, 17 ans et Oscar, 13 ans y grandissent depuis 2010.
Situé aux abords d’une forêt, ce village vaudois a la particularité d’avoir accueilli des harkis, des pieds noirs, des espagnols et des italiens. Avec 32 % de logement sociaux, trois religions monothéistes , l’abbaye de Silvacane Cistercienne et le festival international de musique piano classique, La Roque d’Anthéron semblerait être en France « un laboratoire de la diversité à l’échelle d’un village », comme aime le souligner le maire, Mr Serrus.
J’aime y vivre au rythme de sa vie tranquille, des fêtes, des festivals, de l’hiver au coin du feu. J’adore mon village.
Faire un travail photographique, j’y pense depuis longtemps. Mais comment ?
Le premier jour du confinement, c’est une évidence. C’est maintenant. Premier jour, je croise un « cow-boy » devant la pharmacie. Positionné à un mètre de l’entrée, il respecte les distances de sécurité. Tous les jours, carte de presse en poche, j’ai l’impression de partir à la pêche. C’est difficile souvent. Je n’ai pas l’habitude de photographier tous les jours. Je me dis : « Je vais rien ramener, rien trouver comme situation en rapport avec le confinement ». Si. C’est dingue. Il se passe toujours quelque chose. Dans ce contexte tendu, les habitants s’installent à la lisière de leur maison et vivent pleinement dans leur jardin. Julien profite du soleil dans un transat, juste devant sa porte. Tom installe son vélo dans son jardin à défaut de gravir la route de Sainte Anne. Mes images sont décalées de la vie habituelle, mais pas angoissantes. Puis la vie a repris son cours.